10 Apr 17

Voiture de rallye cross, conseils préparations avant la course

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Le rallye est l’une des disciplines de sport automobile les plus spectaculaires. À l’heure où l’on parle, il consiste en une course de vitesse qui se fait sur des routes fermées à la circulation durant les courses


Le rallye est l’une des disciplines de sport automobile les plus spectaculaires. À l’heure où l’on parle, il consiste en une course de vitesse qui se fait sur des routes fermées à la circulation durant les courses. C’est l’une des caractéristiques qui le différencient des autres sports mécaniques, comme la Formule 1, le Nascar, l’IndyCar ou encore les 24 Heures du Mans, qui se déroulent sur circuit.

Course de vitesse de haut niveau, deux conditions doivent être remplies pour optimiser ses chances de remporter un rallye : une voiture de rallye cross très performante et des aptitudes de pilotage avancées. La deuxième condition s’acquiert généralement avec l’expérience et beaucoup d’entrainement, sur piste ou via un simulateur. D'ailleurs,  la préparation physique pour pilotes de voitures sport est toujours utile avant les courses. La première condition quant à elle est le résultat d’une préparation minutieuse qui consiste à apporter des modifications plus ou moins importantes sur le véhicule. Il ne suffit pas juste de savoir choisir sa voiture.

Les lignes qui suivent ont justement pour but d’aborder le thème très large de la préparation d’une voiture  de rallye cross avant la course. Pour ce faire, un regard sera porté sur chacun des points suivants : les grandes lignes à voir pour une bonne tenue de route, la préparation du moteur, l’intérieur et la sécurité. Mais avant de voir ces grandes parties, quelques mots sur la règlementation en vigueur quant aux modifications pouvant être apportées sur une voiture de rallye cross.

I- Voiture de rallye cross : La règlementation en vigueur

La fin des 70 constitue l’époque où le rallye a connu une très grande vague de popularité, surtout avec l’apparition du fameux groupe B. C’est la catégorie des compétitions où s’affrontaient des voitures surpuissantes dotées d’équipements innovants pour l’époque, comme le turbo ou encore les 4 roues motrices. Cependant, la trop grande souplesse des règlements de ce groupe a conduit aux excès. Les accidents lors des spéciales sont devenus de plus en plus fréquents. Ils étaient principalement dus à l’entassement des foules au bord des routes et aux difficultés rencontrées par les pilotes pour maitriser de tels bolides. Cette situation a conduit la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile) à supprimer ce groupe vers la fin des années 80. Aujourd’hui, la modification des voitures de rallye cross est strictement réglementée.

Le classement par groupe des voiture de rallye cross

Aujourd’hui encore, les véhicules destinés au rallye sont catégorisés par groupe. Et les voitures réparties dans un même groupe sont également classées par classe. Cette dernière est déterminée en fonction du cylindré. La catégorisation par groupe quant à elle est définie en fonction du degré de modification autorisée sur la voiture, que ce soit pour un véhicule occasion ou neuf. Actuellement, les voiture de rallye cross sont catégorisées en 5 grands groupes :

  • Le groupe N: les voitures de ce groupe se rapprochent des voitures de série (voiture de tourisme). En effet, les possibilités de modifications sont très restreintes. Ce groupe est divisé en 4 classes, allant du N1 (véhicules de moins de 1400 cc) au N4 (véhicules de plus de 2000 cc).
  • Le groupe A: les voitures de ce groupe sont des voitures de tourisme équipées de pièces de compétition homologuées par le constructeur. Il comprend 4 classes : A5/A5K (véhicules entre 1200 et 1400 cc), A6/A6K (véhicules entre 1400 et 1600 cc), A7/A7K (véhicules entre 1600 et 2000 cc) et l’A8/A8K (véhicules dépassant les 2000 cc).
  • Le groupe R: les véhicules de ce groupe se rapprochent des véhicules du groupe A. Seulement, ils doivent être équipés de kits fournis exclusivement par les constructeurs. Il comprend 5 classes : R1 (1600 cc avec moteur préparé et boite d’origine), R2 (1390 cc à 1600 cc avec moteur + boite préparée), R3 (de 1600 cc à 2000 cc), R4 (+ de 2000 cc avec 4 roues motrices) et R5 (préparation des voitures de WRC)
  • Le groupe F2000 : c’est le groupe où la règlementation est la plus souple. Seuls les transmissions intégrales (4 roues motrices), et le dépassement de la cylindrée 2000 cc sont interdites. Les 4 classes de ce groupe sont : F2000/11 (jusqu’à 1150 cc), F2000/12 (1150 à 1400 cc), F2000/13 (1400 à 1600 cc), F2000/14 (1600 à 2000 cc).
  • Le groupe GT: le groupe grand tourisme se compose des voitures de série destinées pour la compétition (ex : Porsche, Lamborghini Murciélago…). Les 2 classes de ce groupe sont le GT 9 (moins de 2000 cc) et le GT 10 (véhicules de plus de 2000 cc). Les 4500 ch prévu pour la Devel Sixteen feront bien l'affaire pour cette dernière catégorie.

II- Voiture de rallye cross : Les grandes lignes à voir pour une bonne tenue de route

La tenue de route est l’un des facteurs déterminants quant à la maniabilité d’une voiture sport. C’est un élément non négligeable pour obtenir plus de sécurité et plus de performances. À part la recherche de puissance, apporter certaines modifications à la petite voiture pour que cette dernière se comporte bien sur la route est l’une des préoccupations principales d’une équipe de préparation digne de ce nom. Voici les grandes lignes à voir pour obtenir de bons résultats.

Le poids de la voiture de la voiture de rallye cross

Dans le monde de la préparation automobile, on dit souvent que le poids est l’ennemi. Le poids de la voiture à des influences considérables sur l’accélération, le freinage et évidemment la tenue de route. S’intéresser au problème de poids de la voiture de rallye cross revient à résoudre les deux problèmes suivants :

  • Comment gagner du poids? Le principe est que plus la voiture est lourde, plus elle colle au sol. Sachez cependant que l’adhérence sol ne s’obtient par forcement en augmentant la masse du véhicule. De plus, une voiture lourde n’est pas du tout maniable. Les méthodes les plus efficaces consistent surtout en ajoutant des ailerons arrière, en abaissant le centre de gravité de la voiture (moins d’air passe sous la voiture), ou en améliorant l’aérodynamisme.
  • La répartition de la masse: l’autre incontournable de la préparation de la voiture de rallye cross porte sur la répartition uniforme de la masse du bolide. En d’autres termes : 50% du poids à l’avant et 50% du poids à l’arrière.

L’adhérence et le comportement au sol

Pour obtenir une bonne adhérence et un bon comportement au sol, des modifications particulières doivent aussi être apportées au châssis de la voiture, surtout si vous comptez courir avec une voiture tourisme. Gardez à l’esprit qu’un bon châssis assure une liaison au sol plus importante au niveau des pneumatiques, permettant ainsi de meilleures accélérations, une plus grande aisance dans les braquages et une meilleure efficacité du freinage. Travailler l’adhérence et le comportement au sol d’une voiture de rallye doit passer par la compréhension du phénomène d’adhérence et par une connaissance approfondie des parties de la voiture que l’on doit modifier.

Le phénomène d’adhérence

D’une manière générale, l’adhérence peut être définie comme étant l’accolement de la voiture de rallye cross à la route. À part les modifications à apporter au châssis, se pencher sur les problèmes d’adhérence d’une voiture revient alors à considérer la pneumatique, ainsi que le phénomène de transfert de charge. L’adhérence varie ainsi en fonction du choix des pneus et du réglage des suspensions. La solution est d’affiner ces deux paramètres en fonction du type de route (glace et neige, macadam, piste humide…) pour avoir une adhérence optimale. Dans le cas où différents types de route sont à parcourir lors d’un rallye, optez pour des pneus polyvalents, comme les Michelin Pilot Sport, LTX Force et X-Ice North.

Les parties de la voiture à travailler pour une meilleure adhérence

Sauf pour le cas des voitures GT, les parties suivantes de la voiture doivent être modifiées pour une meilleure adhérence et un bon comportement au sol.

  • Le travail de la coque : La coque doit être rigidifiée et sécurisée. Pour ce faire, on lie la coque avec toutes les parties mécaniques de la voiture (soudage de plusieurs points de connexion vitaux). Pour une meilleure qualité du travail, le mieux est de travailler sur une coque nue.
  • Le châssis doit être renforcé pour supporter les contraintes du rallye. Pour cela, de la mousse peut être injectée dans les barres creuses pour les rigidifier. Il faut également installer des barres anti-rapprochement au niveau des têtes d’amortisseurs, pour limiter les déformations de la caisse.
  • Les suspensions : Modifiez les ressorts en fonction du type de course, mais surtout en fonction de l’état de la piste. En général, les amortisseurs à double triangulation sont préconisés pour la conduite sportive.
  • La direction : L’on s’intéressera principalement à la mise en place d’un système de direction assistée précise et endurante. L’astuce est de travailler sur la rigidité du volant. Un volant plus rigide constitue un gage de précision.
  • Les jantes et les pneus: la jante de compétition est légère, a une certaine propriété élastique et est plus résistante. Pour la gomme, en plus du choix par rapport au type de piste, il faut aussi prendre en compte sa résistance thermique. En effet, les pneus sont soumis à une forte chaleur, tout au long de la course.

Le système de freinage

La qualité des freins constitue l’un des principaux atouts d’une bonne voiture de  rallye cross. Un système de freinage performant permet au pilote d’être plus confiant pour exploiter la puissance du moteur au maximum. Le but est de lui permettre de courir à une vitesse moyenne égalant la plus grande vitesse de pointe, sans risques. L’un des moyens les plus efficaces pour améliorer le freinage consiste à se procurer les systèmes de freinage racing conçus et vendus par les constructeurs. Chaque élément de ce système, du disque de frein, aux plaquettes, en passant l’étrier a été conçu pour offrir un freinage rapide et quasi momentané. Au niveau du frein à main, optez pour le modèle hydraulique. Sachez que le frein à main à câble est inadapté au rallye. On peut transformer les freins à main mécaniques en frein à main hydraulique grâce à des kits complets. Des systèmes électroniques de plus en plus sophistiqués, basés sur l’ABS, permettent d’affiner l’efficacité du freinage, en jouant sur l’équilibrage, la puissance et la répartition.

La transmission

Les pneumatiques servent de liaisons entre la voiture et le sol. Pour que toute la puissance du moteur soit uniformément transmise aux roues, sans pertes, le travail sur le système de transmission doit porter sur différents éléments.

L’embrayage doit être adapté

Pour faire un rallye, il faut changer de système d’embrayage. Le système commun que l’on rencontre sur les voitures de série est plus enclin au patinage, engendrant ainsi des pertes de puissance. Seuls les modèles sportifs se proposent avec un système qui peut supporter la pression imposée par une course de rallye.

Optez pour une boite de vitesse performante

Durant une course de rallye, la boite de vitesse subit aussi d’énormes pressions, dues aux changements intempestifs de rapports et un usage abusif du frein moteur. C’est pour cette raison qu’il est important d’opter pour des modèles résistants. Toutefois, il appartient au pilote de faire tout son possible pour ne pas trop malmener la boite de vitesse. Rien n'est plus désagréable que de se retrouver avec une boite de vitesse hors service en pleine spéciale. En règle générale, des boîtes de vitesse offrant des rapports courts sont conseillées pour un usage sportif de la voiture. Elles permettent de fournir de meilleures accélérations.

III-La préparation du moteur d'une voiture de rallye cross

La préparation du moteur est l’autre grande étape de la préparation d’une voiture de rallye cross. Rappelons cependant que sans un bon châssis, un moteur, aussi performant soit-il, ne pourra jamais être exploité à pleine puissance. Grâce à de nombreuses innovations technologiques, la préparation d’un moteur destiné à la course est plus facile et surtout moins onéreuse. Avant de voir les principales lignes directrices à suivre quant à la préparation de votre moteur, il est important d’en comprendre les besoins pour un rallye.

Les grandes spécificités d’un moteur destiné au rallye

Contrairement aux moteurs des voitures destinées à la course sur piste, souvent utilisées à pleine puissance (on privilégie la vitesse), les moteurs des voiture de rallye cross sont soumis à des situations diverses (reprises après la sortie d’un virage, freinage tardif, changements fréquents de rapports, …) où l’accélération est la plus sollicitée. C’est pour cette raison que le moteur de rallye doit impérativement produire beaucoup de couples. Toutefois, avoir un moteur « coupleux », comme on le dit dans le domaine, est insuffisant pour remporter des courses. L’arrivée du couple met à rude épreuve les pneus (patinage), et les risques de surchauffe sont accrus. De nos jours, les moteurs sont plus sophistiqués et sont « élastiques dans tous les régimes ».

Les modifications à apporter au moteur pour gagner en puissance

Pour pouvoir répondre aux exigences d’un rallye, le moteur doit subir des modifications plus ou moins importantes. Notons que les modifications à apporter sont limitées par les règlementations en vigueur dans le domaine (en fonction du groupe et de la classe). Notons au passage que pour obtenir de la puissance, il faut apporter des modifications sur les 3 éléments suivants : le cylindré (diamètre d’un cylindre), le régime (augmentation de l’apport de gaz dans la chambre de combustion, bielles, frottements des pièces, raideur des ressorts de soupape…) et la pression moyenne effective.

Modification du bas moteur

La modification du bas du moteur consiste à apporter des rectificatifs sur certaines pièces que l'on achète neuves ou que l'on retire d'un moteur de voiture occasion.

  • Le bloc moteur : Exception faite du groupe N, il est tout à fait possible de modifier le bloc moteur d’une voiture de course pour rallye. Notons toutefois que des limites doivent être respectées. Pour illustration, dans le groupe A, l’alésage maximal autorisé est de + 0,6 mm. Quand cela est permis, il est toujours bon de faire le déglaçage du bloc moteur avant d’entamer une saison, surtout si vous compter courir avec une voiture d’occasion.
  • Le vilebrequin et les bielles. Pour le vilebrequin, il faut surtout penser à l’allègement, à l’équilibrage et au traitement thermique. En ce qui concerne les bielles, évitez d’opter pour les modèles longs, qui peuvent se déformer facilement. Rien d’étonnant, puisque qu’elles encaissent une pression frôlant les 5 tonnes par explosions, si elles manœuvrent un piston de 80 mm.
  • Les chemises, les pistons et les segments : Le but du travail apporté sur ces pièces est de limiter au strict minimum les frottements.

Modification de la chambre de combustion

Le principe est que pour développer plus de puissance, le moteur doit être capable d’aspirer une quantité plus importante de mélange d’air et de gaz, avec quasiment aucune perte. Pour ce faire, il faut que la culasse soit la plus perméable possible. De plus, il est aussi conseillé de mettre en place un système de distribution, un système d’injection et d’allumage permettant une entrée rapide et une sortie rapide des gaz de la chambre de combustion. Ici encore, les modifications que l’on peut apporter sur la chambre de combustion sont limitées par la règlementation.

IV-L’habitacle et la sécurité du pilote

Le dernier point à voir avant de se lancer dans une course de rallye concerne l’intérieur de la voiture de rallye cross. Inutile d’avoir réalisé toutes ces modifications sur la voiture, si les questions de sécurité sont négligées. L’habitacle doit être sécurisé. Pour ce faire, un travail spécifique doit être mené sur l’ensemble du véhicule : mise en place d’un plancher en aluminium sans trous pour éviter l’entrée de la poussière dans l’habitacle, application d’un vernis en-dessous de la voiture pour limiter les dégâts en cas de chocs, suppression des éléments superflus (garniture d’insonorisation, garniture externe, …), pose de harnais de sécurité (une sangle abdominale, 2 sangles d’épaules, un bouclage type avion), mise en place d’un arceau de sécurité. Pour de plus amples informations sur les règles de sécurité à respecter, referez-vous au règlement de la FIA.


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